Chacun son tour

Trépidante Bangkok

Les douze coups de midi viennent de sonner leur glas quand le taxi me dépose sur Khao San Road, haut lieu de rencontres de milliers de baroudeurs à Bangkok. Il fait 35°C et pas le moindre signe d’un vent de fraîcheur à l’horizon. C’est donc sous un soleil de plomb que je pars à la recherche de ma guesthouse, armée de mon sac de dix kilos sur le dos. Au bout de dix minutes, je suis déjà trempée et je n’ai toujours pas trouvé mon hôtel. Comme à mon habitude, je n’ai rien noté : ni adresse, ni numéro de téléphone. Sans compter que je ne dispose – bien évidemment – d’aucun plan de la ville. Seulement un nom, noté furtivement sur un bout de papier. Heureusement, des employés d’un bureau de change m’aident à trouver rapidement ma destination. Je suis sauvée !

Après les formalités d’usage et une bonne douche froide, je pars enfin à la découverte des alentours. Le spectacle est saisissant : aux buildings flambants neufs des quartiers d’affaires, se mêlent des centaines de temples, dont le plus ancien date de 1788 (le Wat Pho, notamment célèbre pour son bouddha couché). Et les contrastes ne s’arrêtent pas là. À un arrêt de bus, j’aperçois trois moines thaïlandais vêtus de leur tenue traditionnelle, assis près d’un night clubber, torse nu et bucket à la main (ces seaux remplis d’alcool, achetés pour quelques euros). Autant dire que la scène est étonnante. Reste qu’après plusieurs heures de marche, je décide de rentrer à l’hôtel m’octroyer une petite pause. J’espère y rencontrer d’autres backpackers pour dîner et prendre un verre ce soir. Voeu qui se réalise rapidement, puisque seulement dix minutes après mon arrivée, me voilà en grande conversation avec Anna, une Allemande, et Clément, un Suisse. Vers 20h00, nous partons déguster un plat de nouilles dans un boui-boui de quartier, avant de passer le reste de la soirée à siroter quelques bières sous le patio de notre guesthouse. Nous nous coucherons vers quatre heures du matin.

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Le lendemain, je pars visiter seule les principales attractions de la ville. Au Wat Pho, je sympathise avec un moine, qui me donne de plus amples informations sur la naissance de Bouddha, l’histoire de ce temple et les pratiques religieuses du pays. Ces explications sont tellement passionnantes que nous passons deux heures entières à papoter. Avant de nous quitter, nous échangeons même nos contacts Facebook. Quand je pars, il fait déjà nuit. Ne sachant absolument pas où se situe mon hôtel (je n’ai toujours pas de carte sur moi), je héle un tuk-tuk pour retourner à ma guesthouse. Dans ma chambre, je fais la connaissance de Tessa, une Hollandaise qui termine son trip en Asie du Sud-Est. Avec Clément, le Suisse rencontré la veille, nous partons dîner avant de nous rendre dans un bar pour déguster quelques cocktails. Sur place, nous rencontrons James, un Anglais qui vit à Bangkok. Ce dernier nous propose de bouger ailleurs. Je sens que la soirée commence bien ! Et mon sentiment se révèle être le bon : nous passerons la nuit à parler de nos vies, avant de rentrer nous coucher au petit matin.

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Le réveil est difficile… J’émerge tranquillement vers 11 heures du matin, avant de prendre un petit-déjeuner copieux avec des filles de mon dortoir et continuer mes visites. Je me dirige cette fois vers le nord et décide de la jouer freestyle. J’embarque donc à bord d’un bateau bondé de locaux qui chemine dans un dédale de petits canaux. À l’un des arrêts, je descends prendre quelques photos. L’endroit est particulièrement pauvre et loin de l’agitation touristique du centre. D’abord curieux de me voir déambuler ainsi chez eux, les habitants se montrent rapidement sympathiques avec moi. L’un d’eux me propose de rester quelques minutes en sa compagnie car il souhaite en savoir davantage sur ma vie. En dépit de son anglais très approximatif, nous passons un bon moment à discuter, avant que jecontinue ma route.

Une fois sortie de ce labyrinthe, je suis de nouveau perdue. Je souhaite me rendre au Wat Arun (un temple bouddhiste de Bangkok), mais je suis incapable de savoir où je suis. Je demande donc ma direction à une jeune Thaïlandaise qui semble attendre son bus. Et j’ai beau lui expliquer que je peux me débrouiller, rien n’y fait, elle ne veut pas me laisser seule dans tout ce brouhaha et souhaite m’accompagner. Décidément, j’ai le chic pour tomber sur les bonnes personnes ! C’est donc ensemble que nous prenons le bus. Elle me pose des tas de questions : d’où je viens, ce que je fais dans la vie… Elle veut que je lui montre des photos de Paris, de ma famille, de mes amis. Au final, nous passerons l’après-midi entière ensemble, avant de nous quitter vers 17h00. Le soir, d’autres backpackers me proposent de les rejoindre pour dîner. Mais je suis tellement fatiguée par mes deux précédentes soirées que je refuse poliment et pars me coucher rapidement. Le lendemain sera consacré à l’organisation du reste de mon voyage avec Clément, qui souhaite également poursuivre son trip vers le nord. Nous réservons un bus pour Sukhothaï, l’ancienne capitale de la Thaïlande.

C’est donc après trois jours intenses que je quitte Bangkok pour poursuivre mon périple. Si le début du voyage a été difficile, désormais tout est différent. Je me rends compte à quel point il est facile de voyager seule et de faire des rencontres. Surtout, je me sens forte et avide de nouvelles expériences. Que l’aventure continue !

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